L’habitat intergénérationnel : Faire face aux défis démographiques en matière de logement – Swissroc

Lifestyle28.06.2021

L’habitat intergénérationnel : Faire face aux défis démographiques en matière de logement

Adapter les logements existants, les rendre accessibles aux aînés et assurer la solidarité entre les générations, voici quelques-uns des principaux défis qui concernent l’ensemble des politiques publiques. D’autant plus que le vieillissement de la population est une réalité qui nous concerne tous. On estime qu’un quart de la population aura 65 ans ou plus d’ici 2025 en Suisse. Face à cela, l’habitat intergénérationnel se profile comme une réponse de choix. Lumière sur les bonnes pratiques en la matière et quelques projets en Suisse, dont le projet Neavita, développé par Swissroc.

Une réponse nouvelle aux enjeux démographiques

Le vieillissement de la population est l’un des plus gros défis de nos sociétés occidentales et pose inévitablement des questions en matière de santé, de coûts et de mixité sociale. D’autant plus que si l’arrivée en retraite marque un changement important pour les individus, il est pour beaucoup loin de représenter une fatalité. En quittant le monde professionnel, les jeunes seniors développent des aspirations nouvelles auxquelles la traditionnelle maison de retraite ne peut souvent pas répondre. Il faut également voir qu’avec le vieillissement démographique et les modifications des modes de vie, les relations entre générations doivent se réinventer. Les solidarités et les relations entre générations ne sont plus aujourd’hui vécues dans la sphère familiale et la société cherche donc à les recréer autrement. 

Au cœur de ces problématiques : le logement. Il se profile comme un enjeu central et l’habitat intergénérationnel comme une réponse de premier choix, en tant que support de vie sociale et de solidarités pour toutes les phases de la vie. En effet, il ne stigmatise pas les plus âgés, n’inspire pas le rejet des publics visés, et développe une qualité de voisinage et de vie pour tous.

Qu’est-ce que l’habitat intergénérationnel ?

L’habitat intergénérationnel se définit comme un espace de vie qui mélange les générations tout en veillant à ce qu’aucune ne soit lésée. Son intérêt est de regrouper dans un ensemble immobilier des catégories de publics pouvant s’entraider. Des espaces communs utilisables par tous permettent aux habitants de se rencontrer. Ce type d’habitat, encore très minoritaire en Suisse, est une des solutions pour recréer du lien en favorisant les échanges et la solidarité tout en répondant aux besoins de chacun.

Les + :

– Favoriser le lien social

– Renforcer les liens familiaux intergénérationnels

– Lutter contre l’isolement des personnes âgées

– Encourager le mieux vivre ensemble

– Promouvoir une dynamique collective pour favoriser la convivialité et l’entraide

Les contraintes à prendre en compte

Tout projet d’habitat intergénérationnel nécessite de réaliser au préalable une étude prospective afin de s’assurer que les évolutions démographiques et sociétales du territoire y sont favorables. Chaque public a des attentes spécifiques et la localisation de la résidence joue un rôle central pour l’ensemble des futurs habitants. Pour répondre par exemple aux attentes des personnes âgées, la résidence intergénérationnelle devra être de préférence située à proximité du centre-ville, des principaux services et des transports.

Il faudra également travailler sur les typologies de logements pour pouvoir accueillir à la fois des jeunes actifs, des seniors, des couples ou encore des familles nombreuses. L’aménagement intérieur doit être spécialement réfléchi afin de créer des logements qualitatifs pour tous.

Sans oublier les services à domicile ou services à la personne, tels que l’assistance matérielle (aide pour le ménage, aide à la confection ou à la prise en charge des repas, dépannages divers), assistance à la mobilité (transport, accès aux courses) ; offre de soins (médicaux, paramédicaux, hospitaliers) ; coiffure à domicile ; livraison des courses, etc. Les services d’animation intergénérationnelle et de veille sociale doivent aussi pouvoir être proposés.

Cinq pistes de bonnes pratiques

Répondre aux défis du vieillissement par des formes d’habitat intergénérationnel doit tenir compte des bonnes pratiques qui favorisent l’essor des projets :

– Favoriser la mixité des âges, mais aussi des vulnérabilités pour éviter le cumul des désavantages et encourager la solidarité intergénérationnelle.

 Adopter une démarche concertée sur l’ensemble du processus d’aménagement et de construction afin de tenir compte des besoins sociaux, notamment la lutte contre l’isolement.

Créer des synergies par rapport aux prestations d’accompagnement médico-sociales favorisant l’entraide et l’autonomie (conciergerie sociale, animation socioculturelle, organisation d’échanges de services dans le voisinage, etc.) et développer des modes d’accompagnement qui répondent aux besoins des personnes selon leur degré de dépendance.

Opter pour des logements adaptés, correspondant aux besoins des résidents.

Aménager les espaces de manière à encourager les personnes âgées à sortir de chez elles en sécurisant leurs déplacements, en créant des lieux de rencontres communautaires et en assurant la proximité de lieux attractifs.

L’habitat intergénérationnel en Suisse

Sur l’arc lémanique, l’habitat intergénérationnel revêt plusieurs formes qui, chacune à leur manière, répondent aux besoins d’une société vieillissante. Le projet «Wogeno» par exemple dans la commune de Neckertal est un ancien home pour personnes âgées qui a été transformé en maison intergénérationnelle avec 13 appartements, des salles communes de tout type et une ferme bio rattachée. A plus grande échelle, la Fonderie (140 logements) à Winterthour ou le projet «GeWo» à Burgdorf comportent également des cafés, des terrains de jeux et un potager commun. A Bülach, c’est même un tout nouveau quartier qui verra le jour à la mi-2022. Composé de 560 appartements, de magasins et d’un centre de soins, il sera construit sur le site de l’ancienne verrerie .

La question du logement protégé

En matière d’habitat intergénérationnel, les logements protégés répondent aux difficultés que peuvent rencontrer des personnes fragilisées, le plus souvent âgées, et offrent la sécurité recherchée. Ils offrent une architecture appropriée, pleinement conforme aux normes définies par les États et aux prescriptions en vigueur (norme SIA 500 : Constructions sans obstacles). Les appartements dits protégés ont également l’avantage d’avoir des loyers dit abordables et qui sont compatibles avec le régime des Prestations Complémentaires de l’AVS. Ils sont destinés à toute personne en âge AVS qui a besoin de soutien, qui souhaite sortir de l’isolement social ou dont le proche nécessite une aide importante ou tout simplement qui doit quitter son logement actuel pour diverses raisons.

Chez Swissroc

Composée de spécialistes en développement immobilier et d’architectes, l’équipe Neavita de Swissroc est spécialisée dans la gestion et l’exploitation de résidences de services pour seniors autonomes et semi-autonomes. En privilégiant la qualité des implantations, à proximité des commerces et transports en commun, en développant une gamme complète de services et en multipliant les équipements de bien-être et de confort, Neavita offre plus qu’un quotidien serein. Neavita c’est une vie de quartier agréable, ponctuée d’animations et d’échanges dans un cadre intergénérationnel. Un premier projet est en cours à Saint – Gingolph en Valais. 

Diversifier les types de logements paraît donc une alternative nécessaire à l’hébergement en institution dans un contexte où la majorité des personnes âgées ne nécessitent pas de soins aigus et souhaitent vieillir à domicile, sans toutefois être isolées.

Comme l’explique Stéphane Cohen, à la tête de l’équipe vaudoise de Swissroc Développement :

Bien que ce modèle n’est pas généralisable et ne fonctionne pas dans toutes les situations, favoriser les formes d’habitat intergénérationnel est, sans nul doute, un des outils à disposition des acteurs publics et privés pour assurer la cohésion d’une société en mutation. La question est aujourd’hui de savoir si la société est prête à encourager cette solution encore très minoritaire 

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