L’immobilier de montagne valaisan propulsé par l’essor de la résidence principale

De Verbier à Villars, le nombre d’habitants à l’année augmente, porté par les changements de mode de vie et des stations qui se repensent pour fonctionner tout l’année. André Da Costa et Alexandre Perramond, directeurs de Raized, filiale de Swissroc spécialisée dans l’immobilier de montagne, dressent un état des lieux du marché valaisan.

C’est une tendance de fond. Raized observe sur ses projets alpins, notamment à Verbier et Villars, une nouvelle typologie d’acquéreurs : des familles d’actifs qui veulent vivre à la montagne. « Ils passent 2 ou 3 jours par semaine en plaine. Ils habitent à la montagne, en résidence principale, au même prix ou moins cher qu’en ville, le plus souvent avec plus de mètres carrés », explique Alexandre Perramond, Co-Directeur de Raized, la filiale de Swissroc spécialisée dans l’immobilier de montagne.

Depuis les premières stations du Valais ou celles de Vaud, il suffit d’une heure pour rejoindre Lausanne, voire moins pour Montreux ou Vevey. « La durée d’un trajet domicile-travail n’est pas tellement différente quand on vit ailleurs en plaine, le long du Léman ou dans les vallées », constate Alexandre Perramond. Le reste de la semaine, les journées s’effectuent en télétravail.

À Verbier, la population permanente a ainsi progressé de 7,1% entre 2019 et 2024, contre 5% en moyenne pour toute la Suisse. Le signal le plus fort de ce dynamisme reste la présence d’écoles internationales accueillant des enfants scolarisés à l’année. À Villars où le nombre d’habitants a augmenté de 8,8% sur la même période, de nouveaux équipements et l’organisation d’événements et d’activités en toute saison ont transformé la station en lieu de vie à l’année. D’autres stations réputées ont connu la même évolution sur la même période : +8,6% à Nendaz, +8,1% à Lens qui jouxte Crans-Montana et enfin +5,8% à Zermatt.

Résidence principale neuve : une bonne opération patrimoniale

Parmi les acquéreurs, Raized identifie des propriétaires de résidences secondaires anciennes qui les cèdent pour passer à une résidence principale neuve. « L’opération permet de réaliser une jolie plus-value – la différence de prix entre résidence principale et secondaire peut atteindre plus de 40% dans certaines stations – et de racheter un bien plus grand ou moins cher », résume Alexandre Perramond.

L’arbitrage en faveur du neuf est aussi lié à l’efficacité énergétique. Selon le cabinet de conseil Knight Frank, 54% des acquéreurs considèrent ce facteur comme essentiel. Pompes à chaleur, isolation performante et panneaux solaires qui sont d’emblée prévus dans les constructions neuves permettent de diviser les charges par deux par rapport à un bien ancien, selon André Da Costa, Co-Directeur de Raized

Un manque de biens à vendre

Ce dynamisme se heurte à une contrainte structurelle. Dans les stations valaisannes, la lex Weber, qui plafonne à 20% la part de résidences secondaires par commune, a bloqué la construction neuve pour ce type de biens. Quant à l’assouplissement en place depuis fin 2024, qui facilite la démolition-reconstruction et permet d’agrandir d’anciens bâtiments jusqu’à 30%, il n’a pas eu d’effet visible jusqu’à présent.

Cette pénurie fait monter les prix. Selon Knight Frank, dans les stations suisses, les prix ont progressé de 5% par an depuis 2021, contre 1% par an en France. Les acheteurs font des choix par élimination et se limitent à un ou deux critères, l’attachement à une station en tête. « Ils se disent : je veux à tout prix être ici, parce que j’ai de la famille ou des amis là-bas », remarque André Da Costa.

Des stations qui se réinventent

Vivre à l’année dans une station s’accompagne aussi d’attentes en termes de durabilité. Le ski représente un domaine qui demande toujours plus d’investissements pour de moins en moins de jours d’enneigement. Selon Knight Frank, 41% des acheteurs alpins souhaitent un usage toute l’année, et les prix progressent là où cette transition est engagée.

La montagne valaisanne est en train de vivre une revalorisation fondamentale de son immobilier résidentiel. « Nous avons positionné nos projets au cœur de cette dynamique », explique Khalil Larbi, chargé d’opérations chez Swissroc Developement. « Nous sommes convaincus que les stations qui réussissent leur transition vers le tout-année sont celles qui offriront les meilleures performances patrimoniales de la prochaine décennie. »

C’est sur cette lecture du marché que sa filiale Raized développe le projet Alpano en cours de construction à Verbier.

Alpano, vivre à Verbier à l’année
Raized réalise à Verbier son projet Alpano : 22 appartements en résidence principale et 4 appartements en résidence secondaire qui seront livrés à la fin 2027. Le projet cible une clientèle qui ne vient plus seulement skier mais habiter.

Côté performances énergétiques, Alpano vise la classe CECB A/A, la plus performante du référentiel suisse, et sera relié au chauffage à distance communal afin de s’approvisionner majoritairement en énergies renouvelables. Des standards qui se traduisent sur les charges, un critère devenu déterminant pour les acquéreurs de résidence principale.

Pour plus d’informations : www.alpano.ch

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