Chantiers en milieu scolaire : gérer la cohabitation en toute sécurité

La sécurité est exigeante lorsque le projet est livré en plusieurs phases et se trouve dans une zone qui reste fréquentée par le public. Le campus multifonctionnel de Gottrause à Crissier, dans le canton de Vaud, illustre les protocoles déployés pour garantir la protection et l’étanchéité du chantier avec le public scolaire.

Avec cinq bâtiments et 43’300 m² à construire, le campus multifonctionnel de Gottrause fait partie des chantiers de grande dimension. Le projet se caractérise par une livraison en plusieurs phases qui impose une reconfiguration permanente de la zone du chantier en fonction de l’avancement des travaux. À la rentrée des classes 2025, une partie des élèves a été accueillie alors que 2 autres bâtiments restaient à finaliser.

Gestion des flux et planification avec l’exploitant

« La gestion des flux repose sur une planification co-construite  avec les mandataires qui gère le chantier et sous la validation des autorités cantonales », souligne Baptiste Dumagny, conducteur de travaux chez Swissroc Construction. L’autre point important, c’est une communication régulière avec l’établissement. Elle s’appuie sur des contacts hebdomadaires avec le concierge pour informer sur les prochains travaux et remonter les retours des enseignants et du personnel de l’établissement.

L’objectif est d’assurer la continuité d’intervention sans perturber le fonctionnement scolaire. C’est aussi un apport en termes de satisfaction client. « Nous pouvons identifier et traiter rapidement les demandes de réparation ou les micro-travaux sur les bâtiments déjà livrés. »

Pour les élèves, des palissades ont été mises en place entre les zones livrées et les zones en travaux. En plus d’assurer la fonction d’étanchéité entre les zones, elles représentent un outil de communication privilégié. Sur ce projet où de nombreux aménagements sont prévus, elles permettent d’anticiper la curiosité naturelle des élèves et contribuent à dissuader les approches imprudentes.

La verticalité comme spécificité technique

Au niveau des intervenants, Swissroc Construction assure un rôle de coordonnateur de sécurité en lien constant avec le maître d’ouvrage.  Pièce maîtresse du campus, le nouveau gymnase pour 1’200 élèves présente une particularité : le deuxième bâtiment en cours de construction est au-dessus du gymnase livré à la rentrée. « La sécurité est habituellement pensée à l’horizontal, notamment avec les palissades pour séparer les zones », rappelle Baptiste Dumagny.

Des mesures spécifiques ont été mises en place : bâchage renforcé contre les chutes d’objets, gestion des locaux techniques et maintien opérationnel des issues de secours du bâtiment occupé. « C’est la priorité du chantier : penser la sécurité à la verticalité sans interaction avec le gymnase déjà livré. »

Un défi de coordination permanente

Au-delà des dispositifs techniques, la réussite de la cohabitation entre chantier et activité scolaire repose sur une vision d’ensemble. Les horaires décalés entre les flux scolaires et ceux du chantier constituent un atout. De toute manière, la réglementation oblige à avoir des accès distincts.

Enfin, Swissroc Construction a choisi d’aller au-delà des exigences normatives. À la rentrée, un agent de sécurité supplémentaire a été positionné à l’extérieur pour gérer les entrées et sorties de camions et orienter les élèves. Le nettoyage des voieries a été renforcé pour maintenir un environnement propre et sécurisé. Ces mesures participent de la qualité perçue du chantier et illustrent une démarche d’excellence opérationnelle.

Des évolutions récentes pour la sécurité des chantiers
En Suisse, la sécurité des chantiers repose sur un arsenal réglementaire fédéral auquel s’ajoute souvent des dispositions cantonales. La plus importante pour les riverains reste la Directive fédérale sur le Bruit des Chantiers qui impose des restrictions horaires et des mesures spécifiques pour les zones à moins de 300 m du chantier.

Depuis 2022, un plan de sécurité et de protection de la santé doit documenter les dangers, les mesures de prévention, l’organisation des premiers secours ou encore les formations. « Cette analyse préalable aide à planifier le travail », rappelle Fabrice Emin, responsable sécurité, santé et environnement chez Swissroc Construction.


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