Interview : Omarini Micello Architectes, un savant mélange de tradition et de modernité

Corporate23.05.2019

Interview : Omarini Micello Architectes, un savant mélange de tradition et de modernité

Yves Omarini et Marco Micello partagent la même vision d’une architecture humaine et respectueuse, qui a conduit à l’association de leurs bureaux en 2013. Depuis, les deux hommes enchaînent les projets d’envergure, avec en point d’orgue les rénovations du Collège Calvin et du Palais de Justice de Genève. Leur collaboration avec Swissroc grandit au fil des projets menés et de leur attrait commun pour les nouvelles technologies.

Yves Omarini, vous avez fondé votre bureau d’architectes en l’an 2000. Pouvez-vous revenir sur votre parcours?

Yves Omarini : Mon parcours est assez classique pour un architecte, c’est à dire qu’il est atypique et décousu. Mes premiers souvenirs sont les parfums de gomme et de papier dans le bureau de mon père. Cela a forgé mon envie et ma passion de dessiner, de créer. Très jeune, je savais que je voulais être architecte. Cela a toujours été une vocation. J’ai ainsi intégré une école professionnelle, puis réalisé des stages et des voyages, toujours dans ce domaine. Je fonctionne encore à l’ancienne, à la main, avec mon rouleau de calque.
J’ai ouvert mon bureau après avoir oeuvré dans différentes entités et institutions. Je souhaitais créer ma propre identité. Au gré des mandats, le bureau a grandi naturellement.

Marco Micello, votre attrait pour l’architecture est né avec votre passion pour le dessin…

Marco Micello : Dès les prémices de ma formation scolaire, mon objectif était de vivre de mes passions, le dessin et l’art. À l’âge de 15 ans, je me suis rapidement orienté vers le dessin technique et la construction, par le biais d’un apprentissage de dessinateur en bâtiment. Ma passion pour l’architecture s’est révélée comme une évidence et c’est donc naturellement que je me suis dirigé vers une formation universitaire pour devenir architecte. Les expériences professionnelles se sont succédé mais j’ai conservé un lien fort avec le dessin manuel, l’encre et le crayon.
J’avais cette volonté entrepreneuriale au fond de moi et comme tout architecte, je rêvais d’ouvrir mon propre atelier. Je me suis lancé. Yves m’avait conseillé et encouragé dans cette voie à l’époque, sans imaginer que nous serions associés un jour.

Comment a débuté votre collaboration ?

Yves Omarini : Elle a débuté spontanément. Nous avions des amis communs et nous discutions tous les matins lorsque nous emmenions nos enfants à la crèche. Nous échangions sur le métier d’architecte, nos envies, nos plaisirs et nos difficultés. Marco travaillait dans un gros cabinet, j’étais déjà indépendant. Lorsqu’il m’a fait part de sa volonté de se mettre à son compte, je lui ai naturellement proposé une collaboration.
Nous avons rapidement travaillé ensemble, sur de beaux objets. Les problématiques liées à la surcharge de travail étaient identiques entre nos deux bureaux et nous savions que nous serions meilleurs à deux que chacun de notre côté. Après quelques années et de longs échanges, nous avons décidé de regrouper nos deux équipes. Marco m’a rejoint, il y a sept ans, avec ses affaires et ses collaborateurs. C’est ainsi que notre relation professionnelle et amicale s’est construite et développée au fil des années.

Marco Micello, Yves Omarini et leurs collaborateurs.

Comment fonctionne votre duo ?

Yves Omarini et Marco Micello : Nous avons des caractères indépendants et sommes tous les deux guidés par notre passion commune : l’architecture. Nous sommes très rarement en désaccord et lorsque nos avis divergent, c’est toujours au profit du projet, car il bénéficie au final de notre complémentarité. Nous avons cette envie commune de travailler pour l’objet et le client et non pour notre égo. C’est l’une des valeurs fondamentales de notre relation.
Au quotidien, notre promiscuité permet de nous soutenir mutuellement, de maintenir un équilibre dans notre fonctionnement. La communication est permanente, nous trouvons toujours un moment au quotidien pour discuter des projets. Les décisions sont prises rapidement et en confiance. C’est la garantie de la réussite.

Comment peut-on caractériser la “signature” Omarini – Micello?

Yves Omarini et Marco Micello : Nous avons une éthique et une philosophie quasiment identique. Notre signature, c’est de ne pas avoir de style prédéfini mais de faire preuve d’un amour inconditionnel pour l’architecture et d’une volonté avérée de ne pas répéter les choses. Les contextes des projets sont rarement identiques, ce sont les contraintes du site et l’architecture qui dictent nos règles. Nous évoluons sans cesse, nous essayons de traiter nos projets de façon singulière, de vivre avec notre temps, tout en nous appuyant sur notre expérience. Chaque client, chaque contexte, chaque environnement est différent et notre capacité à lire une situation, écouter un client et rester modeste nous permet de traiter nos projets de façon optimale.

Quelle est votre vision du marché de l’immobilier dans le Canton de Genève ?

Yves Omarini et Marco Micello : Le manque de place et la densification des constructions sont de réelles contraintes, qui s’appliquent notamment à la restauration et à la transformation du bâti existant. La place est limitée dans le Canton de Genève. Les architectes doivent penser leurs projets de façon à conserver la qualité et la douceur de vivre qui fait la réputation de notre ville, essayer de la magnifier.

En quoi l’intégration du Building Information Modelling (BIM) vous a-t-elle permis d’accélérer les échanges au sein de vos projets?

Yves Omarini et Marco Micello : Lorsqu’on parle de révolution digitale dans notre métier, cela nous fait sourire car nous faisons du dessin assisté par ordinateur et de la 3D depuis déjà 30 ans. Les architectes ne découvrent pas le BIM. En revanche, les mandataires utilisent de plus en plus le même langage tri-dimensionnel que les architectes et on s’en réjouit. Les nouvelles technologies nous rendent enthousiastes, même s’il ne faut pas tomber dans la digitalisation à outrance. Il faut conserver  la connotation artistique du terme architecte, ne pas perdre le trait de crayon, qui est parfois plus simple pour exprimer une émotion qu’un plan imaginé à l’ordinateur.

Comment a débuté votre collaboration avec Swissroc et quel regard portez-vous sur l’entreprise?

Yves Omarini et Marco Micello : Nous avons notamment collaboré sur des projets de construction de villas sur la commune de Grand-Lancy et d’un immeuble sur celle de Vandoeuvres. Notre rôle était de réaliser des études de faisabilité et d’imaginer l’architecture des projets. Nous avons tout de suite eu un très bon feeling avec les associés et nous avons noué des rapports de confiance réciproques solides. Ce sont de jeunes entrepreneurs brillants, ils avancent très vite et de manière cohérente, ils ont une vision qui dépoussière le monde de l’immobilier. Nous sommes enthousiastes à l’idée de travailler avec eux. La relation avec l’équipe Swissroc est excellente, sur toute la chaîne. Il y a une véritable qualité humaine chez les associés et les collaborateurs.

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